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Analyses › Copropriété

Airbnb en copropriété à Bruxelles : quelle règle lire et quelle majorité appliquer ?

PB
Property Brussels Équipe éditoriale
Mis à jour septembre 2026 · Guide copropriété

Une copropriété ne peut pas résoudre la question par un seul mot comme « interdit » ou « autorisé ». Il faut lire le document exact, identifier ce que la nouvelle règle modifierait et vérifier séparément les obligations bruxelloises de l’hébergement touristique.

À retenir immédiatement
L’unanimité n’est pas la majorité générale pour modifier un règlement de copropriété. Selon le contenu de la décision, le Code civil prévoit notamment la majorité absolue, les deux tiers, les quatre cinquièmes ou, dans quelques situations particulières, l’unanimité.

Quatre contrôles indépendants avant toute location touristique

1 Règle interne

Les statuts ou une décision contiennent-ils déjà une interdiction ou une limite ?

2 Enregistrement

L’accord écrit de l’assemblée et les autres documents sont-ils réunis avant l’activité ?

3 Urbanisme et sécurité

Les attestations requises correspondent-elles au logement et à l’usage ?

4 Taxe

L’établissement et les nuitées sont-ils déclarés auprès de Bruxelles Fiscalité ?

Accord de l’assemblée générale
Si le logement se trouve dans une copropriété, l’enregistrement bruxellois exige un accord écrit de l’assemblée générale des copropriétaires concernant l’exploitation de l’hébergement touristique dans l’immeuble. L’absence d’interdiction dans les statuts ne remplace donc pas cet accord.

Deux questions doivent rester séparées : d’abord, existe-t-il déjà une interdiction ou une limitation dans la copropriété ? Ensuite, l’assemblée générale a-t-elle donné l’accord écrit nécessaire au dossier régional ? Réussir un contrôle ne remplace pas les trois autres. L’accord écrit ne vaut pas enregistrement. Inversement, l’enregistrement ne supprime pas une restriction qui peut être imposée juridiquement dans l’immeuble.

Commencer par identifier le bon document

L’acte de base et le règlement de copropriété constituent les statuts de l’immeuble. Ils sont établis par acte authentique. Le règlement de copropriété décrit notamment les droits et obligations liés aux parties privatives et communes. Le règlement d’ordre intérieur, lui, est un document distinct déposé au siège de l’association des copropriétaires. Cette organisation découle de l’article 3.85 du Code civil.

DocumentCe qu’il faut chercherQuestion à poser
Acte de baseDescription des lots, parties privatives et communesLe lot utilisé correspond-il au titre et aux plans ?
Règlement de copropriétéDestination de l’immeuble, droits et limites d’usageLa clause vise-t-elle clairement la location touristique ?
Règlement d’ordre intérieurRègles pratiques de vie et d’utilisation de l’immeubleLa règle organise-t-elle les communs ou réduit-elle en réalité un droit privatif ?
Registre des décisionsDécisions votées après la création de la copropriétéQuand, avec quel ordre du jour et quelle majorité la décision a-t-elle été prise ?

L’article 3.93 du Code civil explique quand les statuts, le règlement d’ordre intérieur et les décisions peuvent être imposés juridiquement à la personne concernée. Pour un occupant qui n’a pas voté, la communication du document ou de la décision compte. Il faut donc vérifier la version, la date et la preuve de transmission, pas seulement une copie trouvée dans un ancien dossier.

Outil de préparation

Quel texte avez-vous réellement devant vous ?

Cet outil indique les prochaines vérifications. Il ne décide ni de la validité d’une clause ni de la majorité applicable.

1 · Que dit le texte ?
2 · Où se trouve-t-il ?
Deux réponses sont nécessaires Commencez par retrouver le texte exact et le document qui le contient.
Limite de l’outil Le titre donné au document ne suffit pas. Une règle placée dans le règlement d’ordre intérieur peut, par son contenu, toucher aux droits privatifs ou aux statuts. Seul l’examen du texte complet, de son adoption et du dossier de l’immeuble permet de conclure.

Une clause explicite, une destination résidentielle et une nuisance ne prouvent pas la même chose

Cas inventé A · Clause explicite dans les statuts

Le règlement de copropriété interdit précisément l’exploitation touristique des lots. Le premier contrôle porte sur la portée exacte de la clause et sur la possibilité de l’imposer juridiquement à la personne concernée. Il n’est pas nécessaire de voter une nouvelle interdiction avant de commencer cette analyse. En cas de désaccord, le juge interprète le texte et les faits.

Cas inventé B · « Usage d’habitation » seulement

Cette formule ne permet pas, à elle seule, d’affirmer automatiquement qu’une location touristique est permise ou interdite. Il faut lire l’ensemble des statuts, la destination de l’immeuble, les décisions antérieures et la manière dont l’activité est réellement exercée.

Cas inventé C · Nuisances sans interdiction précise

Des arrivées fréquentes, du bruit ou des dégradations peuvent être examinés séparément de la question de savoir si l’activité est autorisée. Conservez des faits datés et vérifiables : plaintes écrites, interventions, dégâts et échanges avec le syndic. Une impression générale ne remplace pas la preuve d’un trouble.

Quelle majorité pour ajouter ou modifier une règle ?

La réponse dépend de ce que la décision change réellement. Le tableau ci-dessous reprend les catégories légales de l’article 3.88 du Code civil. Il ne permet pas de classer une proposition sans lire sa rédaction.

Type de décisionMajorité prévueLien possible avec une règle de location touristique
Décision ordinaire ne relevant pas d’une majorité renforcée prévue par la loiMajorité absolue des voix présentes ou représentées au voteMesure pratique ou exécution d’une règle existante, selon son contenu
Modification des statuts concernant seulement la jouissance, l’usage ou l’administration des parties communesDeux tiers des voixPar exemple, règle réellement limitée à l’utilisation des accès ou parties communes
Autre modification des statuts ou modification de la destination de l’immeuble ou d’une partieQuatre cinquièmes des voixPeut concerner une nouvelle restriction touchant l’usage des lots privatifs ; il faut déterminer juridiquement ce que la décision modifie
Cas particuliers expressément visés par la loiUnanimitéL’unanimité n’est pas automatiquement exigée pour toute clause relative à la location touristique

Lorsqu’une modification touche aux statuts, l’acte authentique prévu par l’article 3.85 doit aussi être pris en compte. L’inscription d’une phrase dans un procès-verbal ou dans le règlement d’ordre intérieur ne permet pas de contourner cette formalité.

Ne pas confondre deux usages du mot « unanimité »
Les copropriétaires peuvent prendre certaines décisions à l’unanimité et par écrit, selon l’article 3.87, § 11. Cette possibilité de décision écrite ne signifie pas que le fond de chaque décision exige légalement l’unanimité.

Que peut faire la copropriété si l’activité continue ?

1 · Lire

Réunir les statuts, le règlement intérieur et les décisions.

2 · Constater

Dater les faits sans collecter inutilement des données privées.

3 · Informer

Demander au syndic quelle règle et quel mandat sont invoqués.

4 · Décider

Inscrire une proposition précise à l’ordre du jour si nécessaire.

5 · Agir

Faire examiner mise en demeure ou procédure par le professionnel compétent.

Le syndic doit exécuter et faire exécuter les décisions de l’assemblée générale. Il doit aussi prendre les mesures urgentes destinées à protéger l’immeuble et les mesures provisoires prévues par l’article 3.89, § 5 du Code civil. Cela ne signifie pas qu’il peut inventer une interdiction ou engager n’importe quelle procédure sans vérifier ses pouvoirs et, lorsque nécessaire, la décision de l’assemblée.

Si une décision d’assemblée est irrégulière, frauduleuse ou abusive et cause un préjudice personnel, un copropriétaire peut demander au juge de paix de l’annuler ou de la réformer. L’article 3.92, § 3 fixe un délai de quatre mois à compter de l’assemblée. Le guide sur la contestation sera traité séparément afin de ne pas confondre les recours.

La nuisance est une question distincte

L’article 3.101 du Code civil impose de ne pas causer un trouble qui dépasse les inconvénients normaux du voisinage. Le juge tient notamment compte du moment, de la fréquence et de l’intensité. Une location touristique n’établit donc pas automatiquement un trouble anormal, et l’absence d’interdiction explicite n’autorise pas davantage toutes les nuisances.

Selon le problème, l’action peut viser l’exécution des règles de copropriété, une décision de l’association ou un trouble de voisinage. Ces fondements ne doivent pas être fusionnés dans une mise en demeure vague.

Le cadre bruxellois reste obligatoire en parallèle

À Bruxelles, louer une chambre, un appartement ou une maison pour une période allant d’une nuit à 90 jours relève du cadre de l’hébergement touristique. D’après la FAQ officielle de Bruxelles Économie et Emploi, l’obligation vaut aussi lorsque le logement est la résidence principale et lorsque la location reste occasionnelle. Avant de commencer, l’exploitant doit être enregistré auprès de Bruxelles Économie et Emploi et respecter les conditions applicables, notamment en matière d’urbanisme et de sécurité. La page officielle précise qu’une exploitation non enregistrée est illégale.

Dans une copropriété, le dossier nécessite également l’accord écrit de l’assemblée générale. Cet accord porte sur l’exercice de l’activité d’hébergement touristique dans l’immeuble. Il ne permet pas, à lui seul, de conclure que toutes les autres règles internes et régionales sont respectées.

Une taxe régionale distincte s’applique aux hébergements payants proposés aux touristes, même de manière occasionnelle. L’exploitant doit effectuer les démarches et déclarations prévues auprès de Bruxelles Fiscalité. Cette obligation fiscale ne régularise ni l’urbanisme ni la copropriété.

Sept erreurs fréquentes

  1. Lire uniquement le règlement d’ordre intérieur et ignorer les statuts.
  2. Transformer automatiquement toute mention d’« habitation » en interdiction certaine.
  3. Croire que l’absence d’interdiction remplace l’accord écrit de l’assemblée générale exigé pour le dossier régional.
  4. Voter à la majorité absolue une règle qui modifie en réalité les statuts ou les droits privatifs.
  5. Exiger l’unanimité sans déterminer juridiquement ce que la décision modifie.
  6. Confondre preuve d’une annonce touristique et preuve de nuisances concrètes.
  7. Croire que l’accord écrit remplace l’enregistrement, l’urbanisme, la sécurité ou la taxe régionale.

Questions opérationnelles à transmettre au syndic ou au conseil

  • Dans quel document et à quelle page se trouve la clause invoquée ?
  • Quelle version a été communiquée au propriétaire et à l’occupant ?
  • La mesure proposée concerne-t-elle les parties communes, les droits privatifs ou la destination de l’immeuble ?
  • Quelle majorité et quelle formalité notariale sont proposées, et sur quelle base légale ?
  • Quels faits précis sont reprochés et quelles preuves peuvent être utilisées légalement ?
  • L’assemblée doit-elle autoriser la démarche ou le syndic agit-il dans un pouvoir déjà établi ?

Sources légales et administratives

Continuer dans la bonne matière

Informations et textes vérifiés le 12 septembre 2026. Cette page fournit une méthode générale. Elle ne peut pas déterminer si une clause, une majorité ou un recours est juridiquement valable sans examiner les statuts, le règlement d’ordre intérieur, les décisions et les faits du dossier.